Artiste de la galerie
Stéphanie-Lucie Mathern

Stéphanie Lucie-Mathern, née en 1985, (31 ans), a été récemment primée par la Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg avec le prix Théophile Schuler et exposée à St-Art sur le stand de la SAAMS.

Ayant poursuivi des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy et des études de Théologie à Strasbourg.

Son travail énergique et incarné de peinture où la figuration est poussée dans le dénuement et la simplification possède une force surprenante, puisant son essence dans un chaos contrôlé proche du déséquilibre, ce qui en assure la juste tension. Associé à une excellente maitrise de la couleur et de la composition, les toiles sont des fenêtres vivifiantes ouvertes sur l’âme de l’artiste dont on imagine la profondeur.

 

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. 

(Marc 13.31)

 

Stéphanie-Lucie Mathern, nihiliste positive, pense pouvoir changer l'ordre du monde en s'habillant comme il faut.

Coiffeuse ou criminelle de guerre, le parcours n'est pas loin d'être le même.
Ici, il est question de théologie catholique comme l'un des beaux-arts, et la suite dans cette même école.

Les œuvres présentées sont des peintures où l'on retranscrira une forme de vie brute par le geste et la couleur.

On tente de sublimer la matière et en extraire le pouvoir émotif, en gérant les tensions et les mouvements.

La dramaturgie est là. Le geste est déterminé.

Les figures ne se donnent qu'après immersion.

En donnant une forme matérielle à des idées, on dompte la puissance pour faire jaillir la part animale et créer une forme de désir.

Le paysage sera dégoulinant de souvenirs, les croix se moderniseront, et on ne sait plus très bien si les animaux sont enfantins ou effrayants.

Cette ambiguïté confère une certaine étrangeté à ce travail ; les choses se couvrent de couches ou se dévoilent à peine, les personnages s'esquissent.

On suggère. La peinture restera toujours du côté de l'érotisme.

Parfois on appose d'autres matériaux – du plastique, du métal, du bois « modernité, dynamique de l'amalgame et du recyclage » dira Baudrillard.

Aujourd'hui on recycle, pour le meilleur.

Il faut surtout du rythme.

Les titres ouvrent à une autre perspective : l'humour, mais aussi le trouble.

On bouscule la zone de confort, on égratigne le petit sentiment de sécurité.

Tout est question de champ magnétique et d'aura.

Peindre juste, c'est faire ressortir l'essentiel, être perméable à toutes les influences et savoir les digérer.

L'issue n'est sans doute pas dans les limites de l'humain, on bricole avec la réalité.

C'est l'histoire de Gerhard Richter qui rencontre Baselitz sur la montagne ; ils décident de faire un enfant.

On peint pour écrire des histoires.

Certainement pour les écrire toutes.

 

Stéphanie-Lucie Mathern