Expo en cours
Le grand réveil
Solo-show de Bruno Gadenne
8 au 30 septembre 2018

La galerie propose à Bruno Gadenne, sa seconde exposition personnelle sur ses cimaises.

Le peintre qui est installé à Paris depuis 2 ans nous revient avec de nouvelles toiles, toujours sur le thème de la nature et de la forêt en particulier, mais cette fois-ci dans une livrée aux couleurs du feu.

Dans cette nouvelle série, Bruno Gadenne "met en œuvre une sorte d’autodafé de la série de jungles nocturnes sur laquelle le peintre travaille depuis plusieurs années, tel un coup de pied dans la fourmilière. Les arbres s’embrasent devant nous, le pouvoir hypnotique des flammes nous captive malgré la menace." (Extrait d'un texte de Juliette Fontaine)

Ces toiles traitent notamment du sentiment "d’inquiétante étrangeté" que l'artiste déroule dans son oeuvre depuis l'obtention de son diplôme en 2014 de la HEAR à Strasbourg.

 

Du jeudi au samedi de 14h à 19h, ainsi que sur RDV. 

Ouvert exceptionnellement le dimanche 9 septembre de 14h à 19h

11 rue Oberlin - 67000 Strasbourg

Voilà cinq années que je m'applique à représenter l'inquiétante étrangeté de ces forêts qui recèlent leur propre obscurité. Je suis allé les chercher aux quatre coins du globe. Plus récemment, un besoin de renouveau dans ma palette et dans mon sujet me poussa à l'autodafé de cette pinacothèque personnelle. J'y mis le feu, réveillant les contrastes, laissant apparaître les sous-couches bariolées qui se trouvaient d'habitude recouvertes de glacis bleutés.

Ces feux de forêt, bien qu'issus d'une imagerie plus violente, plus mouvementée, me semblent tout autant concernés par cette inquiétante étrangeté, ce sentiment unheimlich qui m'est cher. L'effroi des flammes fait face à la fascination que procurent celles-ci, un hypnotisme corrompu, que je m'efforce de retranscrire par le détail des touches colorées. Des toiles qui se lisent en plusieurs temps, sautant au regard par leurs contrastes, leurs couleurs saturées, puis happant le regardeur feuille par feuille, branche par branche.

 

Juillet 2015, Bornéo, Malaisie. La route que je suis traverse des champs de cendres. Des souches calcinées témoignent cruellement de la forêt primaire qui poussait ici. Dans quelques mois, les éléis de Guinée sortiront de cette terre fertile, à l'instar des milliers de kilomètres carrés d'ores et déjà occupés par ceux que l'on appelle plus communément palmiers à huile. Je ne peux m'empêcher de trouver une valeur esthétique à ces plantations : je m'imagine dans une palmeraie au bord du Nil, au temps des pharaons. Mais la destruction des arbres insulaires a bien eu lieu. Chaque branche, telle un pont enflammé, propagea le vacarme des flammes. Les feuilles éblouies se consumèrent malgré l'humidité omniprésente de cette jungle primaire.

Au milieu de la nuit, loin des regards : le réveil des grands arbres. B. Gadenne, août 2018